été 17

Vingt vêlages en trois mois. Ici, les naissances sont en train de se regrouper autour du solstice d’été. ça s’est fait sans calcul, par hasard – si jamais ça existe – mais ça fait écho à mes réflexions du moment. Dans nos réseaux d’agriculture durable, nous avons aussi nos vedettes, nos stars. Ce ne sont pas du tout des gars qui se prennent pour des cadors, mais des paysans qui servent de référence de par leurs résultats technico-économique et leur temps libre supérieurs à la moyenne. Nombreux sont ceux qui visitent leur ferme pour s’inspirer de leurs techniques innovantes, de leur système original.

Les pointures du moment en élevage laitier appliquent la politique du vêlage groupé associée à la monotraite.

Pas de céréales, pas de maïs, ce sont des gars qui ne font que de l’herbe, la plupart du temps avec des prairies naturelles. Pour caler la production de lait sur la pousse de l’herbe, ils regroupent les vêlages en sortie d’hiver, de février à avril. Ainsi, tout le troupeau est en pic de lactation au moment où la végétation explose. Il y a certes aussi un pic de travail, avec toutes ces naissances simultanées, mais la monotraite atténue ces pointes. Une seule traite par jour, ça modifie énormément le rythme des journées. En plus de s’alléger d’une partie du travail d’astreinte, la monotraite présente l’autre avantage de maîtriser les pertes d’état des animaux en début de lactation, et il y a donc moins de problème de santé, notamment au niveau de la fertilité. Forcément, on leur demande moins, elles peuvent plus vite reconstituer leurs forces. Bien sur, la monotraite va entraîner une baisse de la production de lait, mais c’est une baisse lissée par des taux plus élevés (le lait est plus concentré), et associée à un coût alimentaire extrêmement bas, les gars retombent ainsi très bien sur leur pieds économiquement.

L’atout majeur du vêlage groupé, l’avantage ultime et précieux, c’est qu’il permet de fermer la salle de traite. En effet, qui dit vêlage groupé, dit tarissement groupé, le troupeau tout entier est tarie, on ne le trait plus pendant les deux mois précédant la naissance. Ainsi, l’éleveur aussi est en pause-carrière, comme disent nos amis belges. Certains arrivent à fermer la salle de traite pendant plus d’un mois.

C’est dire si ce système du vêlage groupé et monotraite est alléchant! Non seulement l’effet ciseau de la double traite, matin et soir, est supprimé mais en plus une véritable pause permet à tout le monde de souffler ensemble. Ainsi, on ne se fâche pas avec la traite, ce qui à moment ou un autre, en système double traite et vêlage toute l’année, arrive. L’overdose, la traite de trop, tout éleveur a connu ça. La traite est un moment précieux, si particulier, de travail en commun, l’éleveur et ses vaches établissent à ce moment des connexions multiples, par le contact, les regards, , c’est une véritable danse, une interface unique entre le règne humain et le règne animal. Mais la contrainte représentée par l’exigence d’une double traite, tout les jours, toute l’année,  est une réalité parfois difficile à subir, inévitablement. C’est bien pour cette raison si le robot de traite a tant de succès! Impossible pour moi de juger les gars qui se lancent dans l’aventure du robot, et parfois avec succès, mais à mon avis, dans cette histoire, la seule véritable gagnante, c’est la technoscience industrielle.

ça fait un moment que j’ai entendu parler de cette politique du vêlage groupé et de la monotraite, ça reste rare dans les campagnes, mais ça se diffuse tranquillement

Mais, je crois, ce qui est en train de me décider à vraiment explorer la question, c’est une visite, toute récente d’une fille avec son père. Ils sont installés à trois sur une ferme de vaches allaitantes , en bio, et ils veulent se lancer dans la production laitière. Ils n’envisagent pas de produire autrement qu’en vêlage groupé et en monotraite. Deux jours après, je reçois un mail d’une jeune femme pour annoncer qu’elle et son mari s’installent sur une ferme laitière… en vêlage groupé et en monotraite. C’est une idée résolument moderne, dans ce sens qu’elle est adaptée à l’évolution des pratiques sociales actuelles, et des besoins contemporains, à savoir allier le sens du travail en lien avec les animaux, de la vie en commun avec eux, tout en s’émancipant en partie du carcan astreignant de la double traite permanente, ce qui permet ainsi de libérer du temps et de l’énergie pour tout le reste.

En attendant, mes semi- vêlages groupés d’été se se sont très bien passés, les vêlages en prairies, c’est l’idéal, surtout à cette saison. C’était en pleine période des foins, alors pour me simplifier la vie, j’ai laissé les veaux sous la mère.

 

Neptune, fille de Java, est une croisée 3 voies. c'est à dire qu'elle est issue de 3 races différentes. Sa mère, juste derrière, est mi Holstein mi rouge norvégienne, et son père est un brun des Alpes!

Neptune, fille de Java, est une croisée 3 voies. c’est à dire qu’elle est issue de 3 races différentes. Sa mère, juste derrière, est mi Holstein mi rouge norvégienne, et son père est un brun des Alpes!

 C’était donc un joyeux bordel avec les veaux suivant le troupeau… ou non… parfois ils rendent visite au troupeau des ados, les génisses juste  à côté, les mères meuglent pour qu’ils reviennent… bref, un troupeau bien vivant, des veaux en pleine santé, bien dans leur tête et leurs pattes, ça a très bien marché.

love and nippon

le troupeau et les veaux

la belle

teta

les 3 petits veaux

Neptune suit

Au bout d’un moment, j’ai régularisé tout ça, c’est à dire, j’ai réuni les petits veaux dans la nurserie, et j’ai remplacé les vaches par la louve:

Début juillet, on a redémarré le traditionnel chantier de repiquage des betteraves. C’est toujours une joie de voir réunis dans un champ des jeunes, des vieux et des betteraves! Tout s’est déroulé sans accroc, on a même été très efficace puisqu’on a repiqué une carré de 80 ares en deux jours et demi. Il faut dire que cette année, nous étions particulièrement nombreux, nous avons été jusqu’à 20 dans la même parcelle! Merci à tous ceux qui ont participé à ce moment, au nom des betteraves et au nom des vaches, merci beaucoup!

kristofer et charelotte

à l'ombre

les coupeurs

le tableau des planteurs

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les 3 planteuses

les planteurs en chapeau

tableau

pierre, lou et louise

joseph et groupe

quentin cauffeur

le repas

lucille

pierre sous le chêne

marie-laure, jérome et joseph

les coupeurs

les arracheurs

les planteuses

les chauffeurs

Un mois plus trad, il était temps de sortir la bineuse butteuse, afin d’éliminer au plus près des betteraves leurs concurrentes pour l’eau et la lumière:

la bête

la bineuse dans les lisettes

Voici une photo des lisettes le jour de l’assomption, elles rigolent…

betteraves 15 aout 2017

le troupeau, le chêne, et les betteraves

En attendant les bonbons, les vaches broutent de l’herbe. Et malgré une année particulièrement sèche (les nappes phréatiques sont très basses), il y a toujours eu le compte-goutte minimum de précipitation pour permettre une certaine pousse dans les prairies. En jouant sur le pâturage tournant, j’ai réussi à fournir au troupeau deux fois par jour une nouvelle surface d’herbe durant tout l’été. Pour ça, il a fallu tirer sur toutes les cordes, notamment celle de la transhumance, c’est à dire emmener le troupeau sur les parcelles accessibles, mais les plus éloignées. Pour atteindre le bout de cette parcelle, dénommée la Forge, le troupeau doit marcher plus de 1km 200. C’est du temps, mais c’est bon pour tout le monde, après tout, vaches comme humains, nous sommes des nomades, nous sommes conçus  pour marcher!

la transhumance 3

transhumance 2

Depuis fin juillet, je complémente la ration d’herbe avec un peu de mélange céréalier aplati. La moisson s’est avérée fructueuse! Le troupeau des laitières, mais aussi celui des jeunes, se régalent donc avec les graines d’orge, seigle, pois, avoine, féverole et épeautre!

Et pour ceux qui ont un poulailler de pondeuses à la maison, histoire de manger quelques œufs sans fipronil, je peux vous fournir en grains.

La paille et les foins sont ramassés sous le hangar, avec cette année une petite innovation, j’ai loué le téléscopique de la cuma de Moulins.  C’est un vrai confort pour superposer les rounds de foin sans se tordre le cou, et aussi un gain de temps.

Cet été 2017 fut aussi marqué par un certain anarchisme de la volaille de la chènevétrie, qui s’émancipe dans toute la ferme, je vais devoir rétablir l’ordre et la discipline par le poulet rôti.

amour

hermes

zeus junior

la volaille chinoise

maman poule

poussins sous maman poule

poussin

poule et kiki

A propos de viande, vous pouvez commencer à réserver vos colis de boeuf de la chènevétrie. Nos boeufs sont élevés pendant 1 mois sous la mère, puis nourris avec du foin et du lait avec la louve en nurserie pendant 5 mois. Ils découvrent ensuite le pâturahge permanenbt jusquà leur 3 ans.

jus de pommejuristej and j

Vous pouvez dès à présent réserver vos colis de 6 ou 12 kg [13€/kg] par mail [dugas@laposte.net] ou en appelant au  06 04 44 20 88

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